01 · Les débutsJ'ai toujours voulu devenir pilote
Tout a commencé quand j'étais encore tout petit. D'après ma mère, les métiers dont rêvent souvent les petits garçons, comme pompier ou policier, ne m'ont jamais intéressé. J'ai toujours voulu devenir pilote.
Après mon bac, j'ai postulé dans une grande école de pilotage en Allemagne, dont je n'ai malheureusement pas le droit de citer le nom. La sélection a été très éprouvante et exigeante. Au total, elle a duré près d'un an et demi.
02 · DLR HambourgLa sélection
À l'époque, je me suis fait préparer par une entreprise spécialisée aux différents tests du DLR (Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique) à Hambourg. Je n'avais qu'une seule chance dans ma vie et je voulais être sûr d'avoir fait tout ce qui était possible. Si jamais ça ne marchait pas au bout du compte, je voulais au moins n'avoir rien à me reprocher.
La première phase de la sélection du DLR portait notamment sur les domaines suivants :
- Mathématiques
- Physique
- Anglais
- Technique
- Vision spatiale
- Mémoire
- Concentration
Avec le recul, l'ensemble était tout à fait faisable, et pas aussi impossible que certains me l'avaient raconté avant. Il faut obtenir de bons résultats dans chacun de ces domaines, sans pour autant être un « surdoué ». On cherche plutôt un profil polyvalent.
Une fois l'examen d'aptitude de base réussi, j'ai été convoqué à la deuxième et dernière partie des tests. Celle-ci portait sur le profil psychologique, évalué à travers des mises en situation de groupe et un entretien de plusieurs heures avec plusieurs psychologues. Pour finir, il y avait encore un test sur simulateur de vol. Au début, il était déroutant à piloter, parce qu'il fallait d'abord s'habituer à sa prise en main. Pendant qu'on suivait des trajectoires imposées, il fallait résoudre en parallèle des calculs, pour tester la capacité à gérer plusieurs tâches à la fois.
03 · Aeromedical CenterCertificat médical de classe 1
Pour finir, il fallait encore mettre ma condition médicale à l'épreuve afin d'obtenir le certificat médical de classe 1. À l'Aeromedical Center, j'ai été passé au crible pendant une journée entière : tests auditifs, tests de vision, ECG d'effort, EEG, prises de sang et analyses d'urine en faisaient partie. Bref, j'ai réussi.
04 · École de pilotage & LBAUn an de théorie
Après une nouvelle période d'attente, ma formation de pilote de ligne a enfin commencé. Nous avions devant nous presque un an de théorie. C'était plutôt intense, parce qu'il fallait assimiler énormément de matière en peu de temps. Pour que vous puissiez vous faire une idée de la quantité réelle, je vous ai mis ici une photo de tous les manuels.
Au programme :
- Aérodynamique
- Technique
- Radiocommunications
- Moteurs
- Performances
- Réglementation aérienne
- Électrotechnique
- Navigation
- Préparation du vol
- Météorologie
Après un an à apprendre, apprendre et encore apprendre, sont enfin arrivés les derniers examens de l'école de pilotage et ceux du Luftfahrt-Bundesamt. Une fois ceux-ci réussis, la phase théorique était bouclée.
05 · États-UnisBeechcraft Bonanza F33A
Après une nouvelle attente, notre première formation en vol a enfin commencé aux États-Unis. Premier avion : le Beechcraft Bonanza F33A.
Comme je n'avais encore jamais piloté moi-même, tout ça était évidemment très excitant. Après seulement douze vols avec instructeur est arrivé le lâcher solo, tout seul, sans instructeur. Inoubliable à ce jour et de loin l'un des moments les plus cool de ma vie.
Au bout d'environ quatre mois et demi, la première partie pratique était terminée et nous sommes rentrés en Allemagne à bord d'un Airbus A380.
06 · Multi CrewCessna Citation CJ1+
Malheureusement, il a encore fallu attendre un bon moment avant de pouvoir poursuivre avec la deuxième partie de la formation pratique. Cette fois, un avion nettement plus gros nous attendait : le Cessna Citation CJ1+. Un jet très prisé par une clientèle aisée pour les voyages privés ou d'affaires.
Un jet se pilote évidemment de façon très différente d'un petit avion à hélice à moteur à pistons, et l'adaptation a été énorme au début. Pendant cette phase, il a aussi été question pour la première fois de MCC, la Multi Crew Coordination. Cela signifie que l'avion est piloté par un équipage de deux, et non plus par un seul pilote comme auparavant sur le Bonanza. Le but était de nous préparer à notre future place dans le cockpit d'un gros avion de ligne, car les gros jets sont toujours pilotés par deux pilotes.
07 · Francfort · BalatonQualification de type Airbus A320
Après de nombreuses heures d'entraînement au simulateur et en vol, cette phase aussi était réussie. Restait la dernière partie de la formation : la qualification de type sur la famille Airbus 320.
L'obtention de cette qualification de type comprenait encore environ quatre mois d'entraînement au simulateur, suivis d'un entraînement aux atterrissages sur un vrai Airbus. Nous avons volé de Francfort jusqu'au lac Balaton, en Hongrie. Encore des frissons. Faire décoller et atterrir un vrai Airbus pour la première fois, c'était tout simplement indescriptible.
Après douze décollages et atterrissages, c'était définitivement acquis. Après toutes ces années, je tenais enfin ma propre licence de pilote entre mes mains.
